3 mai 2019

Mai, mon moi, le mois de mai où je fût roi, le premier anniversaire sans toi, papa, ce mois de mai renaissance, cycle des fins d’hiver, fin d’hier, mots de joies, mort silence, cris d’enfants, révoltes salutaires, j’aimerai crier à pleins poumons encore un an qui gronde, j’aimerai brûler ce vieux monde, se poser a l’ombre d’un cerisier, au temps des idéaux, aux mois de mai comme des temples avortés, des peuples lessivés, j’aimerai encore m’émouvoir, m’épuiser, y croire, mais je suis si peu né, si petit, si néant ou trop voyant, devant toi abattu, résigné, ému et serein, en silence pour une fois, joli moi de mai reviens moi pleins d’amour, écrase nos larmes, nos peurs, embrase nos vides, comble les dieux, promets nous le chaud, le bon champs de blé, laisse nous nous reposer en toi, draper d’orgueil à en crever d’envie, fait ce qu’il nous plaît, ris et deviens limons de nos colères, porte nous hors de nous, mai mon bon ami, mon mois, mai révolte moi.

28 janvier 2019

En sortant d’une caverne, sans avoir jamais lu Platon, comme un souvenir évident, comme une lumière effrontée, comme une flamme à porter, j’ai vu passer mon ombre.

J’essaye de rester autant entropique que possible, tout en m’organisant, pour mieux nous perdre.
C’est un long chemin , autant inutile que futile, surtout vu les réels maladif du moment, désincarnés, fuyants.

Si tu crois que je me vois, comme tu te vois, comme tu crois te voir, alors tu te trompes d’ombre.

27 janvier 2019

MATRA, du bleu, de la mécanique, des bolides, du mythe.

8 novembre 2018

 

Je ne veux plus mourir, je ne veux plus pleurer, je ne veux plus voir passer les corbeaux sans sourire, je ne veux plus me réveiller la nuit, je ne veux plus regarder dans mes nerfs, je ne veux plus faire la gueule, je ne veux plus m’endormir en larme, je ne veux plus que rire, plus qu’embrasser ici ce présent, j’ai assez cédé aux tempêtes inutiles, j’ai assez perdu de temps, j’ai assez oublié d’embruns océans, j’ai assez perdu de temps avec mes filles, j’ai assez fait le dolmen, j’ai assez peu ou si mal aimé, j’ai plus le droit de gaspiller ma salive, mes ongles sont court, mes yeux d’acier, ma cravate oublié, je ne veux plus mourir camarade, je dois vivre, pour l’éternité.

Je sais maintenant, qu’il faut continuer.

suite à venir d’ONKOS
28 avril 2018

Onkos, vrac, masse

 

+ zine

« Papa est tombé » j’étais au bord du lit quand le téléphone a sonné, sonné.

Un œdème de 3 ou 4 cm fait pression sur son lobe frontal droit, c’est tout ce que nous pouvons vous dire.

La première fois, je n’ai pas osé le réveiller, je suis reparti.

AVC, campagne pour ne pas perdre une minute.

Il pleut autant que je pleure.

Hémiplégie, il n’a plus que son bras droit.

2 ou 3 cm, çà tourne en rond dans ma tête.

Depuis sa chambre nous regardons les hélicoptères arriver en urgence.

Juste avant son opération, j’ouvre et tombe sur ce vide, il est déjà au bloc.

 


Juste pour y croire.

Je croise des signes partout, à l’infini, combler des vides.


Il n’arrête pas d’appeler sur son vieux téléphone, je regarde les drapés de ses vêtements.


Lui c’est moi épuisé, mais épuisé de quoi ?

Comme une tache au milieu d’une haie, le chirurgien me parle d’une tache d’encre noir sur un cerveau blanc, je ne peux me sortir l’image de mon esprit.


Dents, sinusites aiguës, je suis comme un miroir, je prends sa douleur en pleine tête, neurones miroirs.


Tout bug, les panneaux bugs, les gliomes sont au grade IV, il est sorti du bloc.


Voir son père pleurer, la tête ouverte, ne rien pouvoir dire, reculer, effleurer sa main, se taire et pleurer.


Inverser la peur, apaiser les douleurs, être là.


Au hasard d’une bibliothèque, QUIMPER/NANTES, qu’il retourne une dernière fois là bas.

Ma main bouge, je suis incertain.


Les filles lui font des dessins, sont présentes et absentes, nous ne savons rien.


Je ne suis qu’une ombre oblique.


Au réveil, encore surpris d’être là.

La veille de tomber il a pris sa voiture, il a roulé contre un muret, tout contre, sans s’arrêter.

Le bois restait dans son jardin, depuis des jours abattus.

Regarder par terre, même le sol est une tâche.

Le voisin, seul, une semaine après cette image il n’était plus.

 

 

25 avril 2018

« Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer »

13 avril 2018

25 mars 2018