3 mai 2019

Mai, mon moi, le mois de mai où je fût roi, le premier anniversaire sans toi, papa, ce mois de mai renaissance, cycle des fins d’hiver, fin d’hier, mots de joies, mort silence, cris d’enfants, révoltes salutaires, j’aimerai crier à pleins poumons encore un an qui gronde, j’aimerai brûler ce vieux monde, se poser a l’ombre d’un cerisier, au temps des idéaux, aux mois de mai comme des temples avortés, des peuples lessivés, j’aimerai encore m’émouvoir, m’épuiser, y croire, mais je suis si peu né, si petit, si néant ou trop voyant, devant toi abattu, résigné, ému et serein, en silence pour une fois, joli moi de mai reviens moi pleins d’amour, écrase nos larmes, nos peurs, embrase nos vides, comble les dieux, promets nous le chaud, le bon champs de blé, laisse nous nous reposer en toi, draper d’orgueil à en crever d’envie, fait ce qu’il nous plaît, ris et deviens limons de nos colères, porte nous hors de nous, mai mon bon ami, mon mois, mai révolte moi.

22 mars 2018

Je suis mort parce que je n’ai pas le désir,
Je n’ai pas le désir parce que je crois posséder,
Je crois posséder parce que je n’essaye pas de donner ;
Essayant de donner, on voit qu’on n’a rien,
Voyant qu’on n’a rien, on essaie de se donner,
Essayant de se donner, on voit qu’on n’est rien,
Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir,
Désirant devenir, on vit.

René Daumal